HNNH a écrit : Peut être que je développe le même argument que les vieux utilisaient pour les calculatrices.
Oui en général utiliser un outil permet d'apprendre à utiliser cet outil et rend plus difficile de s'en passer. C'est le cas pour le traitement de texte vs écriture manuscrite, calculatrice vs poser les opérations, et aujourd'hui l'IAG.
Mais il y a des différences notables :
- une calculatrice est un outil stable dans le temps. Toutes les calculatrices que j'ai utilisées dans ma vie donnaient le même résultat pour les mêmes calculs (aux erreurs d'arrondis et aux modes de calculs plus avancés que j'ai rencontrés sur des calculatrices plus récentes). Les IA ne sont pas stables, et les modèles changent. Il semble de plus en plus vraisemblable que les modèles survivants des IAG seront pourris par la publicité à moyen terme (quelle autre source de revenu ?)
- la calculatrice, en dégageant la partie fastidieuse (calcul) ou en supprimant les erreurs, permet de pousser l'apprentissage plus loin sur d'autres concepts. Il y a des témoignages qui indiquent utiliser l'IAG de cette manière (faciliter la recherche de documentations en ligne, par exemple). Quand l'IAG est utilisée pour faire le boulot, il ne s'agit plus de pouvoir se concentrer sur la partie cérébrale, mais au contraire de la déléguer. Ce n'est pas le même type d'outil.
- Même si je vois bien qu'en cherchant bien il y a des enjeux éthiques au fait de créer une calculatrice (du plastique, production de composant dans des pays du sud global, etc.), il n'y a aucune comparaison possible avec les enjeux éthiques de l'IAG. Je sais ce que je paye pour avoir une calculatrice, pour la faire fonctionner. Le modèle des IAG ne fonctionne que parce qu'on cache les coûts aux gens qui les utilisent, pour le moment.