posté 10/02 (18:39)
Par contre, Sultan… il y a un truc que je trouve franchement dommage.
Michel Dukra n’a pas su amorcer un débat à trois.
Trois, c'est un vrai défi, c'est pour ça que j'adore les rencontres à trois...
Il nous a interviewés chacun dans notre couloir, chacun avec sa “vision du Brun”, comme deux vitrines séparées… sans friction, sans confrontation, sans conclusion commune.
Et sans friction, le Brun devient du décor. Pas une force.
Le pire ? Il a fait entrer un Kravenger en plein direct juste pour l’audimat.
Pas pour éclairer le monde — pour me faire rager. Pour offrir au Cybermonde une scène simple : “regardez, la brune est un monstre.”
Une belle image propre. Un bon montage. Une morale Ă deux francs kra. C'est vraiment krasse!!!
Oui, c’est vrai : quand je sors les crochets, quand la langue se faufile, quand la colère m’attrape à la gorge… je peux avoir l’air hideuse. Incontrôlée. Sauvage.
Mais ils oublient volontairement l’autre moitié.
Je suis aussi — et surtout — une courtisane brune.
Je sais prendre soin. Je sais tenir quelqu’un sans l’écraser. Je sais envelopper, apaiser, écouter… et parfois même… aimer.
Enfin, je crois que ça s’appelle comme ça.
Le mot est dangereux, alors je le prononce avec prudence.
Et tu sais ce que j’admire le plus chez toi, Sultan ?
Ce n’est pas ta puissance. Tout le monde la commente.
C’est que tu es un père. Un vrai. Tu sais protéger les tiens. Tu sais construire quelque chose autour d’eux au lieu de les jeter au vent.
Je ne parle pas de ton enfant kra, hein ?…Le kra ça ne compte pas.
Ils sont gavés de sornettes depuis l’enfance, au point que même la nuit n’y accroche plus. Leur “réédukration”… brrr.
Loin de moi ces choses-là . Je préfèrerais traîner des chaînes honnêtes, qu'écouter des berceuses kras hypocrites.
Moi aussi, j’aurais aimé avoir un père comme toi.
Et je te le dis alors que presque tout le Cybermonde te crache dessus : je t’admire.
Tu as bâti un palais pour Shana en plein Santa Banana, du moins tu y as beaucoup contribué. Et je parierais ma teinte obsidienne que tu as eu l’instinct de recentrer l’ensemble dans quelque chose de plus… brun, plus bagdadien quand ça menaçait de devenir trop propre. Trop lisse. Trop “présentation”.
Mais moi… je ne peux pas avoir de “vrai” père.
Je suis une pièce montée par Naar. Une créature forgée de sa main, née d’une rose noire du Niarkalistan. Et je viens d’apprendre un détail délicieux : je n’aurai jamais d’enfants. Pas au sens où le commun l’entend.
Je t’explique — parce que ça m’a frappée comme une lame froide.
Naar m’a façonnée dans une rose noire du Niarkalistan avec de la terre niarkinoise : éclats d’os, compost de cadavres, noirceur fertile.
Il y a versé des fragments d’âmes, et il a glissé un serpent dans la recette — assez pour que mon corps garde la signature reptilienne, même sous une forme d’humaine.
Je ressemble à une femme…
Et nonobstant ces crochets rétractables et cette langue de serpent fourchue à taille humaine...
J'AI TOUT D'UNE FEMME!!! TOUT!!!
mais au fond de chaque cellule de mon corps, c’est l'ADN d'un serpent qui signe.
Résultat : même si j’ai tout d’une chair “compatible”, la nature dit non. Les codes ne s’accordent pas. Les chromosomes ne dansent pas ensemble. Les gamètes ne fusionnent pas.
Demande Ă Naar pourquoi. Il adore les blagues cosmiques.
Alors oui… théoriquement, je pourrais peut-être engendrer avec un serpent. Ou un homme-serpent.
Et ça donnerait quoi ? Un enfant-serpent ? Des œufs avec des petits serpents dedans ?
Moi, obscyne, en train de couver comme une cane pendant qu’Edgardette passe au loin en coincoinant pour se payer ma tête ?
Non.
Rien que d’y penser, j’ai un réflexe très simple : je pourrais avaler Edgardette toute crue sans même l'éplumer.
VoilĂ .
C’était juste… un aveu. Une fêlure. Une vérité que Michel n’aurait jamais laissée exister à l’écran, parce qu’elle ne fait pas grimper l’audience. Il préfère la provokation avec les affreux Kravenger...
Bon évitez d'ébruiter ça... Sinon les aléocrates vont aussi se payer ma tête en me traitant de complot reptilien. Avec un peu de chances, elles regardent tellement partout qu'elles en oublieront de regarder la télé. En plus c'est la fin de l'émission, personne ne regarde... J'ai ma chance.
Niark.
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L’obsidienne n’absorbe pas la lumière. Elle la refuse.
Quand les kanards se payent ma tĂŞte, une tite musique trotte dedans. Niark!!!