posté 10/02 (06:19)
Vous allez me dire que vous n’êtes pas assez nombreuses ?
Laissez-moi rire.
je vais faire semblant d'y croire...
J’ouvre un placard : une aléocrate dedans.
Je referme. Je rouvre. Toujours là . Elle me sourit, parfaitement à l’aise.
Ce n’était même pas mon placard.
Je compose le numéro de Charlie sur mon portable. Avant que ça sonne, une voix me répond :
— « Tu t’es trompée de numéro, obscyne. Ce n’est plus Charlie l’Empereur. Il faut appeler maintenant l’Impératrice Agatha. »
Je réponds :
— « Merci, Joy. »
Évidemment que c’est Joy.
Je rentre chez moi.
Mon vampire paradigmien a disparu.
Pas de trace. Pas de lutte. Pas d’explication.
Juste ce vide très particulier qui dit : quelqu’un est passé sans demander la permission.
Je vais dans une taverne : une aléocrate est déjà installée à ma table.
Je change de table : elle y est aussi.
Je sors : elle me regarde par la fenêtre, comme si c’était moi l’intruse.
Je prends le train.
Le contrôleur qui demande les billets est une aléocrate.
Elle me dit "on vous attend là -bas, je vais confirmer votre arrivée"
J’arrive dans une auberge.
Je demande une chambre.
Je regarde sous le lit et, devinez quoi…
Oui. Vous avez trouvé.
Je demande une autre chambre.
J’exige que l’aubergiste m’accompagne.
Je regarde sous le lit, je lui montre.
Il hausse les épaules en me disant : « équipement standard ».
Et ce n’est pas fini.
Dans ma tête aussi : des aléocrates.
Partout.
Je commence sérieusement à me demander si je ne vais pas devenir folle.
Je vais à une réunion testamentaire — solennelle, silencieuse — et voilà que deux aléocrates débarquent, s’installent comme si elles étaient attendues, déploient leurs clones de filles comme on disposerait des dossiers…
Puis elles les démontent, les recomposent, les déplacent, les traitent comme des objets de démonstration, sous mes yeux, avec cette froideur clinique qu’elles appellent “processus”.
Y a des corps et des écrans partout
Mais pas une goutte de sang.
Juste cette certitude glaciale : le vivant est devenu un matériau.
Elles jouent avec le vivant...
Moi je préfère les morts!!!
Et maintenant, j’en viens à la conclusion inévitable.
Je suis certaine que, dans vos réunions secrètes, dans votre Blockhaus je-ne-sais-où, je dois figurer quelque part à l’ordre du jour.
Ligne deux ?
Ligne trois ?
Sous-point B, alinéa “nuisance persistante” ?
Parce que sinon, ce n’est pas possible.
J’ose espérer — sincèrement — que je ne suis pas le problème numéro un de l’Aléocratie.
Ce serait flatteur, mais franchement excessif.
J’ai déjà assez de dossiers comme ça sans devenir votre obsession collective.
À ce stade, je commence à croire que ce n’est plus une idéologie.
C’est une occupation.
Je consulte des archives : aléocrates.
Je lis un rapport : aléocrates.
Je soulève un tapis : encore une aléocrate.
Même mes erreurs administratives portent une signature aléocrate qui imite la mienne.
Alors non.
Ne me dites pas que vous n’êtes “pas assez nombreuses”.
Vous ĂŞtes partout.
Dans les placards.
Dans les lignes téléphoniques.
Dans les successions impériales.
Dans les disparitions inexpliquées.
Dans les angles morts.
Et maintenant… dans ma tête.
Vous ne manquez pas de nombre.
Vous manquez de discrétion.
Et ce qui me fascine, ce n’est pas votre omniprésence.
C’est votre incroyable capacité à appeler ça de la spontanéité.
Alors je cris "Ă l'aide"
Je vais voir mes compatriotes pour les avertir du danger mortel des aléocrates...
Avant que j'ai pu dire un mot, on me dit : "Super obscyne, Silas organise une grande kermesse avec des défilés de sbires, des démonstrations de cosplay pour déterminer la hiérarchie brune et gagner le titre de super méchant qui aura une plus grosse part de gâteau que les autres à la cantine... Il y aura même des concours de rires bruns, vient!"
Je regarde, stupéfaite...
De rires bruns??? Je roule des yeux...
Si il savait qu'on interdit de rire comme elle veut à une partie de mon âme... Bref...
L'Aléocratie a une longue vie devant elle avant que l'Empire brun ne redevienne lui-même...
Et pour couronner le tout, on a même confié nos services secrets à un espion confédéré notoire!!!
Y a aussi une opération pièces jaunes pour Santa Banana City...
AĂŻe!!! J'ai mal Ă mon Empire!!!
Vous êtes certain qu'au lieu de vouloir recruter on ne peut pas plutôt débaucher chez vous???
Au point où j'en suis je détecte du potentiel pour faire de vraies méchantes chez vous...
Je peux prendre une stagiaire ou deux...
Parce que moi, franchement...
J'ai à certains moments l'impression de tenir un édifice sur mes épaules...
Niark.
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L’obsidienne n’absorbe pas la lumière. Elle la refuse.
Quand les kanards se payent ma tĂŞte, une tite musique trotte dedans. Niark!!!