Plaise Ă la flammeâŠ
Simone,
tu tires toute la couverture Ă toi. TOUTE.
RĂ©sultat : me voilĂ nue, Ă grelotter â et crois-moi, vu ton Ă©tat actuel, tu nâas absolument pas besoin de couverture. Au contraire : tout ce que tu touches sâembrase.
Tu exagĂšres.
Tu rĂ©clames tous les chefs dâaccusation ?
Je tâen ai dĂ©jĂ donnĂ© 18.
Et en moins de 24 heures, par ta seule agitation compulsive, tu mâen ajoutes trois.
Me voilĂ Ă 30.
Trente.
Et puisque tu sembles tenir Ă lâexhaustivitĂ©, je te donne un des trois que j'ai rajoutĂ© :
Ăvasion organisĂ©e, aggravĂ©e par la complicitĂ© dâun rĂ©seau idĂ©ologique machiste structurĂ©, commise dans lâintention manifeste de te soustraire Ă la Justice Cybermondiale.
Mais on va oĂč, exactement ?
Tu te plains que jâajoute des chefs au fil de lâinstruction, mais tu ne tiens pas en place. Tu ne te calmes jamais.
Tu produis des faits plus vite que nous ne pouvons construire une justice Ă©quitable Ă lâĂ©chelle du Cybermonde.
Câest une course perdue dâavance. InĂ©gale.
Ă ce rythme, il faudra rĂ©server des sessions du Tribunal Cybermondial jusquâĂ la huitiĂšme Ăšre.
Câest intenable.
Pour la Cour.
Pour moi.
Pour le cadre lui-mĂȘme.
Alors soyons claires : si tu continues ainsi, je me retire du Tribunal Cybermondial.
Et je vous laisse régler ça à la brune, comme vous avez déjà commencé à le faire, discrÚtement, en sous-main, par alliances contre nature.
Moi, ça ne me gĂȘne pas.
Je suis brune.
Si tu veux que je rĂšgle mes problĂšmes de la mĂȘme façon avec toi, Simone, on peut le faire.
Mais ne te raconte pas dâhistoires : ce ne sera agrĂ©able ni pour toi, ni pour moi.
Ă ce jeu-lĂ , il nây a pas de conclusion.
On enclenche la haine éternelle.
Une spirale dont on ne sort jamais.
Je tâoffre encore un cadre.
Ne mâoblige pas Ă lâabandonner.
Autre chose â et ce point est loin dâĂȘtre secondaire.
Tu diriges un Britiche Musée Home.
Tu parles dâune âscience de la dĂ©structurationâ, que tu prĂ©tends adosser Ă la thermodynamique et Ă ses quatre principes.
Mais as-tu seulement exposé le fond de cette prétendue science ?
As-tu rédigé une seule thÚse ?
Publié le moindre travail académique cohérent ?
Moi, je ne vois rien.
Rien de publié.
Rien de stabilisé.
Tout ce que jâobserve, câest une âscienceâ Ă gĂ©omĂ©trie variable, ajustĂ©e selon lâurgence du moment, utilisĂ©e comme alibi universel pour justifier tout et son contraire.
Ă ce stade, il ne sâagit plus de thĂ©orie :
il sâagit dâun exercice illĂ©gal de la dĂ©structuration â et oui, cela figure dĂ©jĂ parmi les chefs dâaccusation, Ă traiter dans un acte ultĂ©rieur.
Ensuite, je refuse catégoriquement ta déspatialisation.
La reine-mÚre, impératrice de toutes les Brunies, est une figure brune.
Elle a combattu toute sa vie la Républike kralandaise.
Elle lâa dĂ©testĂ©e.
Et jâen refuse lâappropriation par cette RĂ©publike et toute activitĂ© dans cette rĂ©publike quand bien mĂȘme la philosophie de l'activitĂ© en question paraitrait compatible : câest une insulte directe Ă sa mĂ©moire.
Il existe suffisamment dâhĂ©roĂŻnes kralandaises â notamment en Slavonie Ă la mĂȘme Ă©poque â pour que vous cessiez de piller les nĂŽtres.
Je mâoppose donc formellement Ă toute tentative de dĂ©spatialisation.
Quant Ă donner des leçons de thermodynamiqueâŠ
ton évasion spectaculaire, suivie de ta vengeance méthodique contre les RuthvÚnes par alliance contre nature entre Kravangers machistes et Aléocratie misandre, démontre surtout une chose :
tu déthermodynamises le Cybermonde à grande vitesse.
En consĂ©quence, je demande aux juges dont la juge Enya de prononcer une culpabilitĂ© de principe de Simone sur le chef dâaccusation traitĂ© dans le prĂ©sent acte et de suivre mes propositions de sanction.
Enfin, sur le âpĂ©chĂ© originelâ :
je ne parle pas de naissance.
Je parle du tout premier crime constaté de Simone au début de cette Úre.
Et au vu de la quantitĂ© de crimes commis depuis, le terme nâest pas mĂ©taphorique :
il est factuel.
Heureusement encore que tu ne mâas pas inventĂ© un arbre gĂ©nĂ©alogique de darkmare.
De toute façon, ce serait juridiquement et ontologiquement absurde :
darkmare est un démon créé par Naar, et ne peut avoir de descendance sans repasser par Naar.
Alors maintenant qu'est ce qu'on fait? Je passe Ă l'acte 2 ou on s'arrĂȘte lĂ avec les consĂ©quences dĂ©crites un peu plus loin ci-dessus???
Niark.
Imoen Bint Wololo Al Rasha a Ă©crit : JâespĂšre que la justice cybermondiale saura te conforter dans tes droits et Ă dĂ©faut que lâEmpire lui-mĂȘme sache dĂ©fendre ses ultimes reprĂ©sentants !
Nous sommes des Brunes, Imoen.
Je ne crois pas au Tribunal Cybermondial â pas vraiment. Mais je joue le jeu. Par discipline. Par stratĂ©gie. Par Ă©lĂ©gance, aussi.
Parce quâil y a une chose que jâai lâintention de dĂ©montrer, patiemment, sans hausser la voix :
la supĂ©rioritĂ© de lâidĂ©ologie brune face aux bricolages moraux du Cybermonde.
Je laisse les autres croire que la procédure nous contient.
Je les laisse penser que le cadre nous neutralise.
En rĂ©alitĂ©, il nous expose â et câest lĂ que nous sommes les plus dangereuses.
Et regarde :
câest dĂ©jĂ en train de fonctionner.
Les ruthvÚnes et les kralandais sont bien partis pour tomber dans la spirale de la haine éternelle et des vengeances sans fin.
C'est jouissif.
Niark!
Cuchulainn a écrit : Donc en fait l'EB c'est un truc de Paparazzi qui fait des poursuites de droit à l'image ?
Entre autres.
Et surtout : il ne sâagit que de lâActe I.
RĂ©sumer lâEmpire Brun Ă âçaâ â Ă deux caricatures et trois fantasmes de taverne â câest, pour un pirate, sâafficher comme un ignare. Pas un ignare drĂŽle. Un ignare dangereux : celui qui parle fort de ce quâil ne comprend pas, puis sâĂ©tonne quand le rĂ©el lui mord la langue.
LâEmpire Brun, ce nâest pas âjusteâ une violence.
Câest une architecture : loyautĂ©, discipline, hiĂ©rarchie, symboles, mĂ©moire.
Oui la loyauté!!! Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous dit!!! Si le sbire n'a pas un minimum de loyauté il n'y a pas de sbire. Certes on peut le contraindre par la peur, la menace, la soumission, mais pour moi ce sont des formes brunes de loyauté.
Le Pouvoir Brun se contente pas de casser en permanence : il installe, il compte, il marque. Les usurpations c'est une respiration ordinaire. Comme les élections chez les Confédérés.
Dans cet Acte I, je ne traite pas âdâimagesâ Ă la paparazzi.
Je traite de sacré.
Sainte darkmare est ma deuxiÚme figure sacrée aprÚs Naar.
Ce nâest pas un portrait quâon colle sur un prospectus.
Ce nâest pas une mascotte quâon dĂ©tourne pour faire rire une assemblĂ©e.
Ce nâest pas un âsupport visuelâ. Câest une figure de culte, une trace, une chaĂźne de sens, un nerf.
Donc non : ce nâest pas âune histoire dâimageâ.
Câest une histoire de respect du Naarisme, de Naar, et de toutes les figures qui y sont liĂ©es.
Et je le dis sans agressivité inutile, mais avec une clarté parfaite :
si lâon nâest pas naariste soi-mĂȘme, on peut ĂȘtre curieux, critique, mĂȘme provocateurâŠ
mais on Ă©vite de piĂ©tiner ce quâon ne porte pas.
Parce quâĂ ce jeu-lĂ , on ne âprovoqueâ pas : on dĂ©clenche.
Ce dossier nâest pas un spectacle.
Câest une frontiĂšre.
Et ça fait depuis longtemps que tu as franchi la ligne rouge avec moi Cucu Haine la Praline...
Quand tu vas me rencontrer, ne t'étonne pas si il se passe des choses...
Niark.