J’avais dit que je n’interviendrais plus ici tant que la Ruthvénie ne se comporterait pas comme une nation civilisée, moderne et respectable — en organisant un procès cybermondial pour une affaire qui, de toute évidence, implique bien plus que ses murs et touche l’ensemble du Cybermonde.
Je maintiens. Je persiste. Je signe.
Mais puisque Simone se permet de m’interpeller nominativement, exclusivement, comme si j’étais son interlocutrice privée dans un théâtre public, je suis obligée de répondre.
Ne serait-ce que pour lui rappeler que je ne suis pas une figurante dans son récit : je suis une lame. Je coupe. Et je ne suis pas de son côté non plus.
Je veux toujours la peau le scalp de Structuran Job.Je vais donc lui répondre de manière tout aussi exclusive.
Et je précise tout de suite — pour éviter aux amateurs de ragots de se nourrir de confettis :
non, je ne répondrai pas aux fantasmes d’Enya sur des coups de fouet “tous les jours”.
C’est évidemment faux.
(Et pour ceux qui veulent vraiment une précision : si fouet il y a… c’est moi qui le tiens, toute régente qu'elle soit...)
Simone Voile a écrit : 2. SUR L'ACCUSATION N°4 (DÉTOURNEMENT DE FONDS)
Je tiens à tuer cette rumeur dans l'œuf, car elle insulte ma précarité. Je n'ai jamais "profité" personnellement. L'Hélénie est une province de concept, pas de capital. Si mes comptes sont vides, ce n'est pas par avarice, mais par générosité structurelle.
Simone...
insulte...
J'en serais lĂ alors???
Ă insulter???
Franchement...
Vous êtes sûre sure de vous là , Simone???
Moi, je ne crois pas...
Quand je pose 18 chefs d’inculpation — avec dossiers, preuves, témoignages, pièces à conviction, recoupements, chronologies, écoutes, filatures, et un véritable travail d'instruction structuré derrière chacun— vous croyez sincèrement que je laisse quoi que ce soit au hasard ?
Vous croyez vraiment que je vais me "faire avoir" sur un coup aussi facile ???
Soyons clairs, Simone : je connais parfaitement votre position sociale, financière et patrimoniale.
Moi non plus, je ne fais pas du travail d'amatrice...Et à aucun moment je n’ai réduit le chef d'inculpation numéro 4 à un vulgaire enrichissement personnel.
La
générosité structurelle financée par des détournements est du trafic d’influence caractérisé.
Le profit personnel n’est pas toujours monétaire : il est politique, symbolique, relationnel. On achète des silences, des fidélités, des portes déverrouillées. Donc oui : vous avez profité de détournements de fonds. En pouvoir. En réseau. En impunité.
PRO-FI-TER!!!
On est donc d'accord sur ce verbe...Mais tout cela n’a finalement plus aucune importance ici, parce que la Ruthvénie s’est révélée incapable du moindre respect pour le travail sérieux.
Aucun respect pour les heures de filature.
Aucun respect pour les attentes planquées dans les tavernes à écouter des langues trop pendues.
Aucun respect pour les rapports quotidiens, les mises en relation patientes, la veille constante sur les places médiatiques, la traque méthodique.
Aucun respect pour les kramails écrits ici et là .
En presque un mois, je n’ai été débusquée qu’une seule fois — par Vixen. Bravo à elle. Une vraie. Les autres ? Invisibles. Incompétentes.
Et tout a commencé le jour où vous avez osé lancer un “concours” en utilisant comme affiche le visage de la reine-mère courtisane, impératrice éternelle du Niarkalistan et de toute la Brunie.
Ma divinité intime...
cachée...
sacrée...
Plus que le corps du défunt roi ruthvène...Oui, il s'agit de la quintessence même de mon être...
À partir de là , j’ai voulu savoir
TOUT. TOUT. et TOUT. sur vous...
Votre vie. Vos habitudes. Vos endroits favoris. Vos doctrines. Vos circuits. Vos receleurs. Vos intermédiaires. Vos fréquentations. Vos relais. Vos protections.
Jusqu’aux détails qu’on obtient en retournant un coiffeur, un styliste, un serveur, un comptable. L'heure à laquelle vous vous levez. Vous vous couchez. Vous mangez. Ce que vous mangez. Où? Quels menus? Combien de fois vous vous brossez les dents par jour? La marque de vos protections périodiques, le modèle, les numéros de lots de fabrication...
TOUT!!!J'ai même pensé avoir été découverte quand à mon grand étonnement vous vous êtes transformée en flamme : Sous couvert de déconstruction vous vouliez brouiller les pistes.
Quelle ne fut pas ma stupeur!!!
Mais bon : je suis brune. J’ai déjà vu des métamorphoses plus incohérentes que ça.
Et plus délicieuses aussi...
Fausse alerte : J'ai tenu bon et j'ai continué de suivre votre trace et vos méfaits... Jusqu'à votre emprisonnement par les Ruthvènes...
Au début, je pensais traquer une petite voleuse d'image sans prétention, lui donner une bonne leçon et lui faire passer l'envie de s'en prendre à ce qu'il y a de plus sacré chez moi...
Et plus je tirais le fil, plus il y en avait à tirer... puis plusieurs fils... puis des pelotes entières...
Je n’imaginais pas pister une criminelle de haut vol —
Hypertoxique -
C'est une brune qui le ditIncontrôlée.
Parasitaire.
— qui a su organiser et instrumentaliser toute la kralandie en un espèce d'exosquelette au service de sa cause étendant ses réseaux à travers tout le Cybermonde en ayant des ramifications partout. C'est documenté.
En tant que brune, j'ai rarement disséqué pire!!!
Et tout ce travail — propre, froid, minutieux — s’écrase contre quoi ?
Contre la Ruthvénie.
Un royaume de petits joueurs.
Des gagne-petit.
Des cancres judiciaires persuadés que la justice se résume à un communiqué moqueur, un juge inféodé par allégeance au Roi et un ambassadeur qui s'improvise procureur comme on se déguise pour un carnaarwal....
Une médiocrité institutionnelle abyssale.
L'autre il aura beau se gargariser en boucle de lignées familiales, se faire mousser partout en vantant ses parcours familiaux des chansons à boire ou d'échansons pour boire, c'est de toute façon la même chose : ça finit toujours bourré en train de danser sur les tables puis dans le caniveau...
Faut pas me raconter d'histoire.
Un royaume qui confond folklore et souveraineté.
Et franchement, Simone — soyons honnêtes jusqu’au bout :
les Ruthvènes ne vous méritent pas.
Ils ne méritent ni le chaos, ni l’animation, ni même le désordre que vous injectez dans le Cybermonde.
Ils ne sont même pas à la hauteur d’une criminelle de votre calibre.
Eux, ils méritent d’astiquer tristement des armures vides et perpétuellement poussiéreuses accrochées comme des bibelots dans leurs châteaux-placard, de tourner en rond dans leurs champs de patates, ou de faire trois fois le tour de leur étang en lançant quelques ricochets de temps en temps et appeler ça une politique étrangère.
Guère plus.
Je suis dégoûtée.
Alors je retire mes dossiers de cette farce royale.
Ruthvènes...
Vous n’aurez pas mes pavés pour décorer votre théâtre de province.
Vous n’aurez pas mon travail pour blanchir vos incompétences juridiques criantes.
Le jour où vous serez capables d'organiser un vrai cadre cybermondial — avec de vraies règles, de vraies compétences, et une hiérarchie qui ne s’écroule pas au premier conflit d’intérêt — peut-être que je viendrai.
Je dis bien peut-ĂŞtre. Et ne vous accrochez pas trop Ă ce mot.
Ou peut-être que vous trouverez quelqu’un d’autre.
Quelqu’un de plus docile. De plus conciliant. De plus oublieux.
Parce que moi, en tant que Brune, je n’aime pas être rembarrée quand je sais que j’ai raison.
Et surtout : je ne donne jamais une seconde occasion de me claquer la porte au nez.
Quand on me dit non, ce n’est pas un contretemps.
Ce n’est pas un désaccord.
Ce n’est pas une négociation.
C’est définitif.
C’est gravé.
C’est à jamais.
Et croyez-moi : je n’oublie pas. Je ne pardonne pas. Et je ne reviens pas supplier là où l’on m’a méprisée.
Je n'ai aucune raison d'ĂŞtre plus conciliante avec vous que je ne le suis avec mes propres compatriotes...
Je suis Brune.
Et un non mal placé, chez moi, se paie toujours — tôt ou tard.
Niark.