Ma chère
Enya,
J'ai regardé votre reportage entre deux séances de radiocarbone, et je dois dire que vos cernes sont presque aussi impressionnantes que nos dernières découvertes. Laissez-moi dissiper les brumes de ce "complot" avec la candeur d'une flamme qui n'a rien à cacher (hormis peut-être quelques dossiers d'autopsie au crayon gris).
À l'origine, l'Office HLM d'Outre-Meuse ne cherchait qu'à mener une campagne de fouilles rigoureuse sur un site de la Ruthvénie Antique. Notre but était noble : comprendre les racines du culte du
Grand Perturbateur Endocrinien. Nous cherchions des rituels, des éléments de contexte pour éclairer notre présent à la lumière de ce passé si... hormonal.
D'autant plus que, soyons clairs, le
Britiche Musée Home possède déjà son chef-d'œuvre magistral : votre tableau, Enya. C’est la pièce que toutes les Héléniennes viennent admirer le soir avant de s'endormir, cette scène de succession du roi Chilmerdic qui vibre d'une force presque prophétique.
Vous n'imaginez donc pas notre stupeur lorsque nous avons découvert, sous des strates de poussière et de déni, la tombe intacte et parfaitement protégée dudit Pharaon légendaire ! Sa momie, préservée à travers les âges, avait échappé aux pillages et aux révoltes. En tant que scientifique, je me suis empressée de
publier la découverte et de lancer des analyses pour comprendre la vie de ce dirigeant.
Mais c'est là que le "mystère" dont vous parlez a pris une tournure tragique. Une sorte de
malédiction antique semble s'être abattue sur nous depuis l'ouverture du sceau. Des membres de ma campagne de fouilles sont
mortes, d'autres ont été
dépouillées de tout leurs biens... et maintenant, Monsieur Zyor Mawi envoie cette pauvre Annie à mes trousses pour récupérer coûte que coûte cet artefact que nous voulions simplement offrir gratuitement au regard du public.
Tout cela est né d'une coïncidence troublante. J'ai rencontré, dans une Cantine Aléocrate, un homme mystérieux prétendant descendre en ligne directe de
sept étangs. Il disait appartenir à la caste des pharaons ruthvènes et me suppliait de fouiller le sable pour retrouver la couronne qu'il aurait "perdue en se baignant". Je suis encore sous le choc de voir qu'une rencontre aussi anecdotique a mené à une exhumation d'une telle ampleur politique.
Cependant, Enya, la science doit savoir s'arrêter là où le danger commence. Cette momie semble relever d'un antique rituel et sa présence ici devient trop lourde. Je ne suis plus certaine que nous puissions l'exposer durablement à côté de votre chef-d'œuvre sans en ternir l'aura. Dans l'intérêt de la sécurité du Musée et de nos visiteurs, je crains qu'il ne faille s'en séparer dès que nos analyses de fluides seront terminées.
Rassurez-vous pour votre tableau : il est en sécurité, loin des malédictions et des rançons, sous la garde éternelle de ma propre incandescence.
Simone Voile Flamme archéologue, victime des coïncidences et conservatrice (pour l'instant) de Pharaons Ruthvènes Antiques.