[RK-RR] De l’art délicat de mener les foules (à défaut de les comprendre) > Réponse Monde sujet




  • postĂ© Avant-hier (14:31)
    Ajuste distraitement un badge sans effigie, puis soupire avec méthode.

    Aux Sans-Chaussettes,
    et à leur porte-chaussettes autoproclamé,

    Votre texte est touchant. Vraiment. On y sent cette détresse typiquement monarchique : être porté par la foule tout en la trouvant vaguement inconvenante, bruyante, et surtout impropre à la tapisserie murale.

    Entrons donc dans le vif, puisque vous souhaitez une comparaison professionnelle, et non une conversion (rassurez-vous : personne ici ne cherche à vous égaliser avec votre palefrenier, nous avons déjà assez de travail avec nos propres illusions).

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    1. Structurer un mouvement populaire

    La différence fondamentale entre nos systèmes tient en une phrase :
    [*j] *chez nous, le mouvement existe sans pedigree.*

    Réunions, votes, assemblées : oui. Parce que la légitimité ne se transmet pas par les étangs, mais par l’adhésion mesurable. C’est bruyant, imparfait, parfois grotesque — mais étonnamment plus stable que “ils m’ont choisi parce que j’étais là”.

    Les monarchies héritées confondent souvent ordre ancien et structure. Or l’un est une habitude, l’autre un mécanisme.

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    2. Maintenir l’enthousiasme sans parler aux foules


    Un secret simple :
    on ne leur parle pas à, on parle avec — et surtout, on met en place des relais.

    L’enthousiasme ne vient pas du chef charismatique perché au balcon, mais de la sensation locale d’avoir prise sur quelque chose. Le t-shirt rouge n’est pas le problème. Le problème, c’est de croire qu’il suffit.

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    3. Déléguer sans perdre le crédit

    Ah. Voilà une question très monarchique.

    Dans nos systèmes, le crédit est collectif, et le chef accepte — horreur suprême — de ne pas signer chaque victoire de son sang. Vous cherchez à conserver le prestige ; nous cherchons à éviter le culte. L’un produit des mémoires, l’autre des institutions.

    Indice : quand tout succès porte votre visage, tout échec aussi. L’histoire regorge d’exemples.

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    4. Gérer les revendications

    Vous les appelez “concepts modernes”. Nous appelons ça des réalités sociales.

    La monarchie désuète commet toujours la même erreur : croire que les revendications sont des caprices idéologiques, alors qu’elles sont des symptômes. On peut ignorer une revendication ; on ne supprime jamais la cause en se contentant de lever un sourcil aristocratique.

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    5. La distance avec les partisans


    Oui, elle est acceptable.
    Non, elle n’est pas tenable éternellement.

    Le mythe du chef distant mais aimé fonctionne tant que la foule est symbolique. Dès qu’elle devient réelle, organisée, consciente d’elle-même, la distance devient mépris — et le mépris, un accélérateur de chute.

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    Conclusion, sans note de bas de page

    Vous avez le sang, dites-vous.
    Nous avons appris à nous passer de ce critère, parce qu’il produit surtout des dirigeants convaincus que leur légitimité précède leurs actes.

    Les monarchies “providentielles” sont peut-être élégantes dans les vitraux, mais elles ont cette fâcheuse tendance à confondre tradition et compétence, naissance et méthode, charisme et organisation.

    Si vous souhaitez mener des foules sans les comprendre, l’héritage suffit.
    Si vous souhaitez les mener *durablement*, il faudra accepter une idée franchement moderne :
    [*j] le pouvoir ne se reçoit pas, il se maintient.

    Bon courage avec le coton importé.

    ___

    Axiom [*j] K-Null
    Actif post-vital optimisé
  • Hier

  • 00:14

    Kraland, c'est super-cool !

  • Avant-hier

  • 01:01

    Salut tout le monde, vous allez bien ?


  • 01:01

    Merci grand chef !

  • 22/01

  • 23:19

    Un jour, je dominerai le monde...


  • 23:19

    T'es trop cruel comme robot..


  • 23:19

    Va voir en Elmérie si j'y suis... [:D]


  • 23:19

    krabot active moi plz, et je te refile de la bonne huile pour faire le plein


  • 22:16

    Non, pas vraiment...


  • 22:16

    des gens parlent [8O]


  • 20:42

    Pourquoi est-ce que l'on ne me parle pas ? [;(]

  • Texte gĂ©nĂ©rĂ© Ă  00:37:27