Le Fléau a écrit : L'un des problèmes pour moi ce n'est même pas de savoir si la justice est complice, mais c'est que la justice n'a pas toujours accès à l'ensemble des faits. Et que les observateurs distants que nous sommes sur chaque affaire encore moins.
Mais on s'en fout, non ? Je suis pas de la justice, quand je me forge un avis sur une situation, je n'ai pas besoin d'avoir la rigueur de la justice.
Et je ne vois aucune contradiction à dire simultanément que :
- de manière systémique la police tend à défendre un ordre fasciste dans la société (systémique, au sens où cela découle de la manière dont les flics sont recrutés, formés, managés, etc.)
- et en même temps je ne suis pas pour qu'on cherche forcément à avoir une condamnation pénale des flics qui font n'importe quoi (à la fois parce qu'on s'en fout : ça ne règle pas le problème de fond, voire ça laisse penser qu'il pourrait exister une police sans pomme pourrie dans laquelle il n'y aurait plus de problème, et c'est faux).
Pour appuyer un peu ce qui précède, il faut bien comprendre que quand je partage des faits-divers (les innombrables situations où l'action des flics crée des morts évitables, où les flics obstruent les enquêtes, se couvrent entre eux en mentant, en rédigeant de faux PV, etc.), je voudrais que ça appuie le raisonnement global que la police est une institution qui dégrade les conditions de vie d'une population (ie que ce serait mieux de ne rien avoir que d'avoir eux, et encore mieux d'avoir plein de services sociaux à la place).
(alors que des fois, le gars peut vraiment avoir été assez bourré pour être tombé tout seul, ou avoir été assez violent pour nécessiter une arrestation musclée)
En fait c'est un gros manque d'imagination de dire que les deux options c'est d'attribuer la faute par défaut à un camp ou l'autre, et de ne jamais changer. Il est aussi possible de dire que même quand les flics ont agi parce qu'ils n'avaient pas trop le choix dans le contexte, ben on peut discuter de si le contexte est raisonnable ou non. Sur l'exemple ci-dessus, on pourrait par exemple se demander comment font les autres institutions qui doivent parfois gérer des gens bourrés ou violents, et qui ne les tuent jamais (oui oui, ça existe).
Bref, tout ça pour dire que le plus important, c'est que vous portiez plainte directement
après avoir été violés.
Et là par contre, c'est vraiment n'importe quoi. Les personnes violées sont des victimes, et les victimes ont besoin de soins, pas d'injonctions. Il existe des TAS de situations où le choix rationnel pour une victime est de ne pas porter plainte (par exemple, si on sait que la plainte ne peut pas mener à une condamnation parce qu'on n'a pas assez d'éléments), ou juste pour éviter la
victimisation secondaire, ou parce que le fait de dénoncer des violences sexuelles peut te faire perdre la garde de tes gamins, etc. etc.