posté 10/01 (17:03)
Simone Voile,
Cette fois je te tiens...
Tu ne cesse de m'invoquer
Tu évites systématiquement mes réponses
Tu crois deviner en moi des choses...
Je suis avant tout une courtisane brune!
ni cys, ni trans, mais par la force des choses pan!
Ton texte est habile.
Rhétoriquement impeccable.
Presque séduisant.
Tu ne nies pas les chiffres.
Tu les déplaces.
Tu ne contestes pas la faiblesse matérielle.
Tu la sublimes.
Flux contre surplus.
Cœur contre coffre-fort.
Vie contre rétention.
Je reconnais là une intelligence idéologique certaine.
Mais aussi une abdication parfaitement assumée.
Car ce que tu nommes intensité du présent
est simplement un refus de la durée.
Ce que tu appelles fluidité
est une incapacité volontaire à tenir dans le temps.
Un Empire ne se juge pas
à la vitesse à laquelle il brûle ses ressources,
mais à sa capacité à encaisser,
Ă contraindre,
Ă continuer
quand l’euphorie s’est dissipée.
Tu parles de circulation.
Je parle de structure.
Tu parles de dépense glorieuse.
Je parle de réserve stratégique.
Tu parles de vie.
Je parle de ce qui survit
quand la vie devient inconfortable.
Il y a pourtant un point
que ta démonstration évite soigneusement.
Paradoxalement — et les chiffres le montrent —
l’Empire Brun domine aussi l’indice social.
La contrainte n’a pas détruit la cohésion.
La structure n’a pas étouffé l’adhésion.
La durée n’a pas dissous le lien.
En revanche,
là où nous pêchons sérieusement,
c’est sur l’indice idéologique.
Et je ne le nie pas.
Car il n’y a pas que l’argent.
L’art de faire le Mal
ne se réduit pas à des flux,
ni Ă des caisses,
ni à des graphiques bien présentés.
Ce n’est certainement pas que de l’argent.
Le Mal est une culture.
Une discipline.
Une esthétique du pouvoir.
Une manière de faire accepter l’inacceptable
sans avoir Ă le justifier.
L’argent finance.
Le Mal, lui, organise.
L’Empire est solide.
Il est cohérent.
Il est accepté.
Mais il lui manque encore
la pleine adhésion,
celle qui ne repose ni sur l’habitude
ni sur la peur,
mais sur l’évidence.
J’y remédierai personnellement.
Pas par des slogans.
Pas par des flux.
Par une reprise idéologique assumée,
structurante,
durable.
Il n’y a pas d’erreur dans ta position.
Il y a un choix.
La République a choisi
le mouvement contre la solidité,
le discours contre l’appareil,
la dépense contre la réserve,
la morale contre la contrainte.
C’est cohérent.
Mais c’est vulnérable.
L’Empire Brun, lui,
ne cherche ni à être aimé
ni Ă ĂŞtre rapide.
Il se prépare à durer.
Et l’Histoire,
quand elle cesse d’applaudir,
choisit toujours la durée.
Tu peux garder le flux.
Je garde les juges,
les policiers,
les caisses,
le lien social,
l’idéologie à reconstruire,
et le temps.
NIARK!
___
L’obsidienne n’absorbe pas la lumière. Elle la refuse.